syndicat des chargées et chargés de cours de l'Université de Montréal

Les tuteurs et tutrices de la TÉLUQ déclenchent la grève générale illimitée!


Michaël Séguin, vice-président aux relations intersyndicales

Le conflit à l’Université TÉLUQ s’est intensifié, le lundi 28 février dernier, avec le déclenchement de la grève générale et illimitée des tuteurs et tutrices. Rappelons que le STTTU-CSN fait partie, comme le SCCCUM, du regroupement université de la FNEEQ. Les syndicats de personnes chargées de cours du regroupement sont donc appelés à se mobiliser pour soutenir leurs collègues en lutte pour la survie de leur accréditation et pour la défense d’une formation à distance qui met l’accompagnement des personnes étudiantes au cœur de ses préoccupations.

Comment soutenir les tuteurs et tutrices ?

1- Écrivez un courriel au directeur général de la Télé-Université à l’adresse courriel suivante : andre_g.roy@teluq.ca. Vous pouvez vous inspirer du modèle suivant en le bonifiant à votre gré :

Objet : Offrez aux tuteurs et tutrices un contrat de travail digne de ce nom

Monsieur Roy,

Je suis chargé-ede cours à l’Université de Montréal en (discipline XYZ). Votre nomination, l’été dernier, semblait augurer une ère de renouveau pour la TÉLUQ, une ère exempte de sous-traitance et du mépris à l’égard des personnes tutrices qui a caractérisé celle de votre prédécesseur. Malheureusement, les négociations restées dans l’impasse malgré la présence d’un conciliateur et le déclenchement d’une grève générale illimitée semblent plutôt indiquer le contraire.

J’appuie les revendications des tuteurs et tutrices de la TÉLUQ et la lutte qu’ils mènent pour le maintien de la qualité de l’encadrement étudiant dans votre institution et la préservation de leurs emplois ! Je vous incite à faire de même, car l’avenir d’une formation à distance de qualité passe par un tel accompagnement des étudiants.

Merci de votre attention.

Votre signature

Si le cœur vous en dit, vous pouvez aussi écrire à la présidente du Réseau UQ, Mme Johanne Jean (johanne.jean@uquebec.ca). Après tout, ce qui se joue à la TÉLUQ risque fort de se reproduire ailleurs dans le réseau UQ…

2- Venez manifester avec lestuteurs et tutrices. Depuis vendredi dernier, une manifestation a lieu toutes les semaines devant le siège social de l’Université TÉLUQ, alternativement à Québec et à Montréal. La prochaine aura lieu à Montréal et une délégation du SCCCUM y prendra part. Joignez-vous à nous :

vendredi 8 février 2019,

entre 11 h 30 à 13 h 30,

devant le 5800, rue Saint-Denis (locaux de la TÉLUQ à Montréal),

en face du métro Rosemont

Vous pouvez naturellement arriver et repartir à l’heure de votre choix. Un dîner hot-dog sera offert sur place par le Conseil central du Montréal métropolitain (CCMM-CSN).

Le contexte du conflit de travail actuel

Après 17 mois de négociation en présence de conciliateurs du ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, et après que les représentants syndicaux eurent fait plusieurs compromis pour parvenir à une convention collective acceptable, les parties sont revenues à la case départ. Vendredi dernier, l’Université est revenue à la table de négociation avec de nouvelles exigences et le retrait de certaines propositions. En agissant ainsi, l’Université TÉLUQ laisse toujours planer le doute sur la possible mise à pied des tuteurs et des tutrices, qu’on remplacerait alors par des « professeurs et professeures sous contrat » moins expérimentés, lesquels devraient faire le même travail d’encadrement, mais en moins de temps. L’absurdité même!

La contribution des tuteurs et tutrices à l’excellente réputation de l’Université TÉLUQ est pourtant reconnue depuis 1972 par les très nombreuses personnes qui y ont étudié. « C’est odieux de mettre ainsi au rancart des enseignantes et des enseignants hautement qualifiés, qui travaillent depuis des décennies dans cette institution. Nos membres sont déterminés à aller jusqu’au bout pour obtenir l’estime qu’ils méritent et préserver leur emploi, et aussi pour défendre le modèle d’encadrement de qualité que la direction semble s’acharner à vouloir détruire par tous les moyens possibles », précise Nancy Turgeon, présidente du Syndicat des tuteurs et tutrices de la Télé-université – CSN (STTTU).

La négociation se déroule dans un contexte de restructuration, laquelle a d’abord pris la forme de la sous-traitance du travail des tuteurs et des tutrices à des employés d’une entreprise privée, l’Institut MATCI. Des enquêtes demandées par la ministre de l’Enseignement supérieur ont mené à la suspension de l’ancien directeur général ayant conclu cette entente. «La nouvelle direction n’a manifestement pas encore tiré de leçon de ces tentatives insensées pour remplacer les tuteurs et tutrices. Ce projet se poursuit par des embauches de nouvelles personnes qui doivent faire le même travail, mais en consacrant trois fois moins de temps d’encadrement par étudiant. Ceux qui en font les frais restent les mêmes : les étudiantes et les étudiants », insiste Yves Fortin, vice-président du Conseil Central Québec–Chaudière-Appalaches (CCQCA).

« Le modèle que souhaite imposer l’Université TÉLUQ pourrait avoir un impact considérable sur l’ensemble du réseau universitaire. La lutte des tuteurs et des tutrices est aussi celle des chargées et des chargés de cours du Québec », conclut Richard Bousquet, vice-président et responsable du regroupement université de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec-CSN (FNEEQ).