syndicat des chargées et chargés de cours de l'Université de Montréal

Le SCCCUM aux États généraux de l’enseignement supérieur

Dans un esprit de renouveau, nous nous sommes fait un point d’honneur d’être présents et présentes lors des différentes activités organisées par nos partenaires syndicaux. Des membres de l’équipe ont participé notamment à la marche du 1er mai, où nous avons rejoint des membres des exécutifs de la FNEEQ[*] et du CCMM*, du Syndicat des chargés-es de cours de l’UQAM, du Syndicat des employés-es de soutien de l’Université de Montréal (1244), etc. Ce fut, malgré la pluie, une occasion festive.

Également dans cet esprit, nous avons participé aux États généraux de l’éducation supérieure, qui se sont tenus à l’Université Laval du 18 au 20 mai dernier. Organisés par la FNEEQ et une vingtaine de fédérations syndicales et étudiantes, ces États généraux visaient à faire converger une diversité d’acteurs du monde de l’éducation autour de revendications communes, à la veille des élections provinciales de l’automne 2018; ils nous sont apparus comme un moment incontournable de solidarité syndicale. Une petite délégation de sept membres[†] a donc pris part à cet événement rassemblant plus de 500 personnes, professeurs, chargés de cours, étudiants, professionnels et membres du personnel de soutien, tant des cégeps que des universités.

Qu’en est-il ressorti? La voix des chargés de cours de cours s’est faite fortement entendre pour souligner qu’il était impossible de penser l’avenir de l’enseignement supérieur sans prendre en compte l’ensemble des parties engagées, y compris les chargés de cours de cours, le personnel de soutien et les étudiants. S’appuyant sur l’énoncé de l’ACPPU[‡], Olivier Aubry, du Syndicat des chargées et chargés de cours de l’UQAM, a ainsi souligné les critères d’une véritable collégialité :

  • « favoriser l’expression d’une diversité de vues et d’opinions ;
  • protéger les participants de sorte qu’aucun d’entre eux ne soit indûment avantagé dans le processus décisionnel (en conséquence, par exemple, d’un déséquilibre du pouvoir) ;
  • assurer l’intégration de tous de façon à ce que ceux et celles qui devraient participer aient bel et bien la possibilité de le faire. »

Le président du Syndicat général des professeurs de l’UdeM, Jean Portugais, a d’ailleurs exprimé le souhait d’établir un dialogue avec les chargés de cours de cours, afin d’échanger sur nos différences et nos convergences et de dégager les dossiers sur lesquels nous pourrions travailler ensemble.

De la part des représentants des cégeps a aussi retenti un désir d’agir rapidement pour sauvegarder la mission publique du système d’enseignement et le prémunir contre les dérives marchandes (l’assurance-qualité) et les dérives managériales, ainsi que contre le mal-financement qui prive les cégeps et les universités de la marge de manœuvre nécessaire pour offrir une formation de qualité et des conditions de travail décentes. Pour plusieurs, il est urgent de lancer des actions concertées pour alerter tant nos milieux que la population en général. Certains se sont dits prêts à descendre dans la rue et à recourir à la désobéissance civile si nécessaire.

D’autres ont souligné l’importance de revoir le langage pour mieux l’opposer à la conception marchande de l’éducation : nos étudiants ne sont pas des clients, notre enseignement n’a pas à être soumis à des standards d’assurance-qualité externes au milieu universitaire, l’excellence a peu à voir avec le rang occupé dans les classements d’agence internationale, et, s’il faut parler de saine gouvernance, celle-ci devrait refléter la capacité de la communauté universitaire à définir elle-même ses orientations. L’idée d’une loi-cadre encadrant la composition des conseils d’administration des établissements d’enseignement supérieur — notamment la nomination des membres externes — a enfin soulevé beaucoup d’enthousiasme chez les personnes présentes.

Bref, loin d’être un point d’arrivée, cette rencontre a constitué un point de départ pour des concertations à poursuivre au cours de l’année. Plusieurs ont d’ailleurs souligné l’importance de tenir de véritables États généraux de l’enseignement supérieur, les derniers remontant à plus de 20 ans.

Plus près de nous, une rencontre entre l’exécutif du Syndicat des chargés-es de cours de cours de l’UQAM et le nôtre est prévue d’ici la fin juin pour poursuivre la discussion et explorer des avenues de travail en commun.

 

Françoise Guay et Michaël Séguin

 

[*] FNEEQ, Fédération nationale des enseignantes et enseignants du Québec ; CCMM, Conseil central du Montréal métropolitain

[†] Stéphane Fauteux, Françoise Guay, Frédéric Kantorowski, Florence Lebeau, Benoit Robichaud, Michaël Séguin et Pierre G. Verge.

[‡] Association canadienne des professeures et professeurs d’université