syndicat des chargées et chargés de cours de l'Université de Montréal

Déclaration des chargées et chargés de cours des universités québécoises

Notre fédération syndicale, la FNEEQ-CSN, a publié le 17 mars une déclaration au nom des chargées et chargés de cours des universités qu’elle représente, qui dénonce la dégradation des conditions d’études et de travail, la transformation du modèle des universités allant dans le sens d’un modèle entrepreneurial, ainsi que les coupes budgétaires, le tout menaçant la mission de l’université.

Déclaration des chargées et chargés de cours des universités québécoises

Les effets néfastes du désinvestissement du gouvernement du Québec dans l’enseignement supérieur, la recherche et la création se traduisent par une dégradation marquée des conditions d’études et de travail : diminution de l’offre de cours, augmentation du nombre d’étudiantes et d’étudiants par classe, attrition des ressources d’encadrement et des services aux étudiantes, étudiants, baisse des bourses de soutien, réduction des budgets alloués aux bibliothèques.

La dégradation des conditions d’études s’accompagne d’une détérioration des conditions de travail pour toutes les salariées, tous les salariés : moratoire sur les embauches, non remplacement des départs à la retraite, coupures de postes, gel des salaires et imposition arbitraire d’un droit de gérance; toutes approches en contradiction avec la collégialité universitaire qui associe étroitement la communauté à la gestion de nos institutions.

En imposant des compressions budgétaires colossales, le gouvernement du Québec favorise une transformation du mode de gouvernance universitaire vers un modèle de plus en plus centralisé et bureaucratique. Il y a aujourd’hui deux fois plus de hauts dirigeants dans les universités québécoises qu’il y a dix ans. Cette forte hausse s’accompagne d’un mode de gestion calqué sur celui des entreprises privées avec, dans la foulée, une détérioration des relations et du climat de travail.

La défense des missions universitaires doit primer sur les éléments circonstanciels ou financiers. Les modes de gestion des universités doivent être conformes au caractère de l’université comme service public : collégialité, liberté académique, liberté de recherche et de création, indépendance de l’esprit, accessibilité aux études, qualité des services universitaires, proximité avec les besoins en enseignement, en recherche et en création de la population.

Privés des ressources indispensables, les établissements universitaires voient leur capacité à remplir leurs missions profondément mises en péril. L’excellence et la viabilité de l’enseignement universitaire, de la recherche et de la création sont en jeu.Nous, chargées et chargés de cours du Québec, nous nous portons à la défense de l’université :

  • Nous nous opposons à toute nouvelle compression dans les universités québécoises;
  •  Nous réclamons le rétablissement des sommes amputées aux budgets des universités depuis 2010;
  • Nous demandons aux gouvernements du Québec et du Canada de donner suite à leurs promesses de réinvestissement dans le réseau universitaire;
  • Nous dénonçons les démarches de transformation des universités selon le modèle et les orientations managériales des entreprises privées;
  • Nous demandons la tenue d’une Commission parlementaire sur l’avenir et les orientations de nos universités;
  • Nous réclamons que le gouvernement démontre par ses choix budgétaires que l’éducation est véritablement une priorité nationale.